marie jeanne Hypatia

Hypatie d'Alexandrie (en grec ancien Ὑπατία / Hypatia) est une mathématicienne et une philosophe grecque, d'Alexandrie. Née entre 355 et 370 selon les sources, elle meurt assassinée par des chrétiens en 415, étant alors démembrée et brûlée. Les textes à son sujet sont souvent contradictoires, les sources étant souvent postérieures ou très orientées, et sa mort violente prêtant à romancer.

Son père Théon d'Alexandrie est éditeur et commentateur de textes mathématiques. Il éduque sa fille en l'initiant aux mathématiques et à la philosophie. Elle dirige l'école néoplatonicienne d'Alexandrie.

Sources antiques :

Synésios de Cyrène

Synésios de Cyrène, un de ses élèves (avant 395), qui était aussi son ami et qui devint évêque de Ptolémaïs, la loue dans ses lettres (en 404-407) pour sa grâce (très belle, elle reste vierge d'après la légende) et lui demande des conseils pour construire un hydromètre, un astrolabe ou pour tracer des cartes géographiques. Il lui a écrit : « C'est pour vous seule que je négligerais ma patrie ; et si jamais je puis la quitter, ce ne sera que pour aller auprès de vous » ; et ailleurs : « Quand bien même nul souvenir ne resterait aux morts dans les enfers, moi je m'y souviendrais de ma chère Hypatie » (Lettre 24). Dans une lettre à son père, il dit d'elle : « La philosophe si chère à Dieu et que nous ne saurions trop vénérer » (Lettre 17)3.

Socrate le Scolastique

L'historien chrétien Socrate le Scolastique rapporte dans son Histoire ecclésiastique (vers 440) :

« Il y avait dans Alexandrie une femme nommée Hypatie, fille du Philosophe Théon, qui avait fait un si grand progrès dans les sciences qu'elle surpassait tous les Philosophes de son temps, et enseignait dans l'école de Platon et de Plotin, un nombre presque infini de personnes, qui accouraient en foule pour l'écouter. La réputation que sa capacité lui avait acquise, lui donnait la liberté de paraître souvent devant les Juges, ce qu'elle faisait toujours, sans perdre la pudeur, ni la modestie, qui lui attiraient le respect de tout le monde. Sa vertu, toute élevée qu'elle était, ne se trouva pas au-dessus de l'envie. Mais parce qu'elle avait amitié particulière avec Oreste, elle fut accusée d'empêcher qu'il ne se réconciliât avec Cyrille. Quelques personnes transportées d'un zèle trop ardent, qui avaient pour chef un Lecteur nommé Pierre, l'attendirent un jour dans les rues, et l'ayant tirée de sa chaise, la menèrent à l’église nommée Césaréon, la dépouillèrent, et la tuèrent à coups de pots cassés. Après cela ils hachèrent son corps en pièces, et les brûlèrent dans un lieu appelé Cinaron. Une exécution aussi inhumaine que celle-là couvrit d'infamie non seulement Cyrille, mais toute l'Eglise d'Alexandrie, étant certain qu'il n'y a rien si éloigné de l'esprit du Christianisme que le meurtre et les combats. Cela arriva au mois de Mars durant le Carême, en la quatrième année du Pontificat de Cyrille, sous le dixième Consulat d'Honorius, et le sixième de Théodose4. »

La Souda

L'encyclopédie grecque la Souda, plus tardive,(fin du ixe siècle) livre les informations suivantes5, parfois contradictoires, comme la mention à la fois de son mariage et de sa virginité, ou incohérentes dans les dates, si la Souda désigne par le nom d'Isidore le Philosophe Isidore de Gaza qui a vécu plus tard qu'Hypatie.

« Hypatie était une philosophe bien connue, née et élevée à Alexandrie, fille de Théon d'Alexandrie le Mathématicien, géomètre et philosophe d'Alexandrie; qui lui enseigna l'arithmétique, à quoi elle refusa de se limiter pour étudier la philosophie en général.

Elle était la femme d'Isidore le Philosophe. Son apogée se situa sous le règne de l'empereur Flavius Arcadius. Elle a écrit un commentaire sur Diophante, le Canon astronomique, et sur les Coniques d'Apollonios de Perga.

Bien que femme, elle portait le manteau des philosophes et se promenait au milieu de la ville où elle expliquait publiquement entre autres Platon et Aristote. En plus de son enseignement, atteignant les sommets de la vertu pratique, devenant juste et sage, elle resta vierge. Elle était belle et attirante. Un des auditeurs de ses lectures l'informa de ce qu'il la désirait. Elle le guérit de cet état non par la musique, comme on l'a dit par ignorance, mais en jetant devant lui un linge taché de son sang menstruel, lui montrant ainsi son origine impure, et en lui disant « Vous aimez ceci, jeune homme, et il n'y a rien de beau à ce sujet ».

Elle était habile et éloquente dans sa parole, sage et civile dans ses actes. Elle a été dépecée par les habitants d'Alexandrie et son corps a été violenté et traîné dans toute la ville. La raison en serait la jalousie et sa science en particulier dans le domaine de l'astronomie. Selon les uns, ce serait la faute de Cyrille d'Alexandrie, selon les autres, cela serait dû au caractère insolent et rebelle des habitants d'Alexandrie, qui s'en sont parfois pris à leurs propres évêques, comme Georges l'Alexandrin et Protérius.

Elle a été aimée et honorée par les autres habitants de la ville, ainsi que par ses dirigeants qui venaient écouter ses lectures comme on le faisait à Athènes. Car bien que la réalité de la philosophie ait péri, le nom de celle-ci restait magnifique et admirable pour ceux qui accédaient aux plus hautes fonctions.

Or, un jour, Cyrille d'Alexandrie, du camp opposé, passa devant chez elle et remarqua qu'il y avait une grande affluence. Il en conçut de la jalousie et le désir de la faire périr d'une façon déshonorante. Un jour qu'elle sortait de chez elle comme à son habitude, un groupe compact d'hommes méprisables ne craignant ni le regard des dieux ni la vengeance des hommes la tua et infligea cette immense souillure et honte à leur patrie.

L'empereur aurait pu se mettre en colère à la suite de cela si Edesios, son représentant, ne s'était laissé corrompre. Il versa une indemnité pour les meurtres. Il attira cela sur lui et sa famille et c'est sa descendance qui en paya le prix.

La mémoire de ces événements au sein des habitants d'Alexandrie réduisit considérablement l'honneur et la considération dont jouissait Isidore le philosophe à Alexandrie. Malgré cette menace constante, chacun continua à le fréquenter pour écouter ses sages paroles ».

Voir l'excellent film Agora (2009) d'Alejandro Amenábar qui s'inspire librement de la vie et de la mort d'Hypatie.

Source Wickipedia cliquez ici

 

La nouvelle galerie d'art et d'illustrations de l'auteur de ce site :