marie jeanne Ninon de Lenclos

 

Anne « Ninon » de l'Enclos, aussi appelée Ninon de Lenclos ou Ninon de Lanclos (Paris, 10 novembre 16201 - Paris, 17 octobre 17052) est une courtisane, femme d'esprit, épistolière et femme de lettres française.

Sa vie

Fille d’Henri de Lanclos (gentilhomme tourangeau libertin, suivant de Charles II d'Elbeuf) et de Marie-Barbe de la Marche, elle se révèle une enfant prodige au luth qui citait Montaigne et les grands classiques et qui fut promenée par sa mère bigote de salon en salon où elle faisait sensation. Plus tard, elle apprit le clavecin. Anne dite Ninon de Lenclos devint une femme de lettres, influencée par les idées épicuriennes, qui savait l'italien et l'espagnol tout en étant versée en sciences. En 1642 à la mort de sa mère, son libertinage et son athéisme affirmés alors que sa respectabilité n'est pas encore acquise font que les grandes dames du salon du Marais se détournent d'elle, si bien qu'elle vient habiter chez une autre courtisane, Marion Delorme qui devient son professeur.

La belle et intelligente Ninon a, sa vie durant, collectionné une ribambelle d'amants (le premier à 16 ans5, puis notamment le Grand Condé, François-Jacques d'Amboise, comte d'Aubijoux, François de La Rochefoucauld, le maréchal d'Estrées, l'astronome Christian Huygens), à tel point que Walpole la surnomma plus tard « Notre Dame des Amours ». Elle classait ses amants en « payeurs », « martyrs » (soupirants sans espoir) et « caprices » (élus du moment)3. Edmé de La Châtre (colonel général des Cent-Suisses et grisons), fut aussi l'un d'entre eux, à son sujet Voltaire relata : « M. de La Châtre avait exigé un billet de Melle de Lenclos, un billet comme quoi elle lui serait fidèle pendant son absence; et, étant avec un autre, dans le moment le plus vif elle s'écria : « Le beau billet qu'a La Châtre !».

Elle eut des enfants6 dont un fils, le chevalier Louis de la Boissière, qui deviendra brillant officier de marine, fruit de ses amours avec Louis de Mornay, marquis de Villarceaux et proche du roi Louis XIV. Elle vivra sa passion durant trois ans avec lui au domaine de Villarceaux, commune de Chaussy (Val-d'Oise)7. Proche de Molière, elle corrigea, à la demande de l'auteur, la première version du Tartuffe.

Inquiétée par le parti dévot, elle fut enfermée en 1656 sur ordre d'Anne d'Autriche aux Madelonnettes puis dans un couvent de Lagny. À son premier voyage à Paris en 1658, la reine Christine de Suède accorda une seule rencontre en privé à la seule Ninon de Lenclos dont elle avait la plus haute opinion. Tenant un salon à partir de 1667, elle acquit la respectabilité lorsqu'elle fut admise dans celui de Marguerite de la Sablière en 1677. Grand amateur de sagesse, Louis XIV se préoccupait souvent, par personne interposée, de l'opinion de Ninon. Le jour de ses 77 ans, Ninon eut une aventure avec l'abbé de Châteauneuf. À la même époque, elle mène de front une autre liaison avec le chanoine Nicolas Gédoyn. Quelques mois avant son décès, à près de 85 ans, elle se fit présenter le jeune Arouet (Voltaire) alors âgé d'environ 11 ans8 et élève du collège jésuite Louis-le-Grand de Paris. Dans son testament elle lui légua 2 000 livres tournois (l'équivalent de 7 800 € de l'an 2008)9 pour qu'il puisse s'acheter des livres (en fait au début du xviiie siècle, comme le signale le maréchal Vauban dans son ouvrage sur la Dîme royale, un simple journalier gagne moins de 300 livres dans l'année).

Son salon

Ninon a tenu salon à compter de 1667, au 36 rue des Tournelles à Paris. Ses célèbres « cinq à neuf » avaient lieu chaque jour. Ninon de Lenclos est le symbole de l'aristocrate cultivée et rayonnante, reine des salons parisiens, femme d'esprit indépendant et femme de cœur, représentative de la liberté des mœurs des xviie et xviiie siècles français. Parmi ses invités, surtout des hommes : Fontenelle ; François de la Rochefoucauld ; Charles de Saint-Évremond ; Paul Scarron ; Jean-Baptiste Lully ; Jean de La Fontaine ; Philippe d'Orléans, futur régent de France, d'Elbène ; Antoine Godeau ; Antoine Gombaud, chevalier de Méré ; Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, mémorialiste ; Roger de Rabutin, comte de Bussy ; Jules de Clérambault ; Damien Mitton ; l'abbé François de Châteauneuf ; Huygens ; François Le Métel de Boisrobert ; Charles Perrault ; le poète Chapelle ; Jean Ogier de Gombauld ; l'abbé de Pons ; Louis de Mornay, marquis de Villarceaux ; César Phœbus d'Albret ; Jean Hérault de Gourville ; le peintre Nicolas Mignard dont elle fut un modèle ; Charleval, fils de Madame de Longueville ; Jean Racine (et sa maîtresse la Champmeslé) ; François III Dusson, seigneur de Bonrepaus et commissaire de la Marine ; Nicolas Boileau, dit « Boileau Despréaux » ; Condé ; Henri de Sévigné10, mari de Madame de Sévigné, puis leur fils Charles de Sévigné, Louis de Lesclache.

Mais aussi de nombreuses femmes : Catherine de Vivonne ; Marguerite de la Sablière ; Madame de Galins ; Charlotte-Élisabeth de Bavière (1652-1722), princesse Palatine ; Henriette de Coligny, comtesse de la Suze ; Marie Desmares, dite la Champmeslé, tragédienne réputée et maîtresse de Racine ; sa parente[réf. nécessaire] et amie Françoise d'Aubigné, future madame de Maintenon. Mais aussi Lady Elizabeth Montagu (1674-1757), comtesse de Sandwich, qu'elle appelait Madame Sandwich (son fils a donné son nom à ce mets), et dont elle dira : « Elle m'a donné mille plaisirs, par le bonheur que j'ai eu de lui plaire. Je ne croyois pas sur mon déclin pouvoir être propre à une femme de son âge. Elle a plus d'esprit que toutes les femmes de France, et plus de véritable mérite.»

Source Wickipedia En savoir plus sur Ninon de Lenclos

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